Bonjour à tous et bienvenue sur le blog de Komorebi pour parler loups, petits conflits humains et vengeance naturelle. Aujourd’hui au programme c’est une nouvelle étape de mon voyage dans les studios Ghibli avec un des films les plus reconnus je pense : Princesse Mononoké. N’hésitez pas à me partager votre avis sur cette œuvre, j’en discuterai avec plaisir. Bref, qu’est-ce que c’est et qu’en ai-je pensé ? C’est parti !

Studio Ghibli (étape 10/22)


Genre : Animation, aventure, drame, fantasy
Thèmes : Combat, écologie
Film d’animation japonais
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Scénariste : Hayao Miyazaki
Studio d’animation : Studio Ghibli
Compositeur : Joe Hisaishi
Durée : 134 min
Sortie : 12 juillet 1997 (Japon)/ 12 janvier 2000 (France)

Au XVe siècle, durant l’ère Muromachi, la forêt japonaise, jadis protégée par des animaux géants, se dépeuple à cause de l’homme. Un sanglier transformé en démon dévastateur en sort et attaque le village d’Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Touché par le sanglier qu’il a tué, celui-ci est forcé de partir à la recherche du dieu Cerf pour lever la malédiction qui lui gangrène le bras.

Synopsis

Mon avis : Le film, salué par la critique au Japon et dans le monde entier, confirme définitivement le statut de Hayao Miyazaki comme un maître de l’animation mondiale et attire sur lui l’attention des critiques dans le reste du monde. Le titre japonais traduit littéralement est Princesse des esprits vengeurs et est bien plus clair sur ce qui nous attend pour notre visionnage.

Par contre, il faut que je vous prévienne, je risque de ne pas être particulièrement pertinent dans cette article puisque j’ai regardé le long-métrage en deux fois et que la semaine laissée au milieu m’a fait presque oublié toute cette première moitié. Au moins comme ça, j’aurai le droit à un deuxième visionnage excellent puisque j’aurais déjà une bonne base. Bref, qu’ai-je pensé de ce dixième long-métrage du studio Ghibli ?

La complexité et la profondeur des personnages les rendent atypiques vis-à-vis des œuvres précédant Princesse Mononoké. Ils figurent parmi les créations de Hayao Miyazaki ayant la lecture à la fois la plus complexe, la plus sombre et la plus riche. Il a toujours créé des personnages aucunement manichéen, n’étant ni dans le bien ni dans le mal mais uniquement dans la recherche de leurs objectifs. Et ici, c’est vraiment mis en exergue par des camps baignés par la peur qui n’arrivent pas à s’entendre mais qui finissent par faire front commun contre la nature à cause de leurs erreurs.

Miyazaki dit d’Ashitaka qu’il ne voulait pas en faire un héros typique : « Ashitaka n’est pas un garçon gai et insouciant. C’est un garçon mélancolique qui a une destinée. Ashitaka a été maudit pour une raison absurde. Bien sûr, il a fait quelque chose qu’il n’aurait pas dû, il a tué le Tatari-gami, mais il avait une raison suffisante de le faire, du point de vue des humains. Néanmoins, il est affligé d’une malédiction mortelle. Je pense que c’est semblable aux vies actuelles des gens. Je pense que c’est une chose très absurde qui fait partie de la vie elle-même ». Evidemment, nous reprenons le côté non manichéen avec le personnage principal. Celui-ci a fait une énorme erreur vis-à-vis de la nature en faisant une action héroïque du point de vue de l’humanité. J’aime beaucoup le fait qu’il n’y ai pas de bon choix possible, c’est furieusement pertinent.

Le personnage de San est à l’image d’Ashitaka, une princesse atypique. En étant abandonnée par ses parents humains et recueillie par les loups, Miyazaki en fait une héroïne sauvage, presque effrayante puisque sa première apparition est lorsqu’Ashitaka l’aperçoit avec du sang plein le visage. Elle devient importante puisque le héros tombe plus ou moins explicitement amoureux d’elle mais son dégout envers les humains donne à réfléchir sur l’état de la conscience écologique de l’homme et lui donne ainsi une place plus précise dans la réflexion de l’œuvre. En effet, j’aime beaucoup cette idée de coincer un personnage entre les convictions qu’elle a toujours eu et une possible voie d’évolution. En effet, elle sait ce qu’elle peut quitter mais ne peut pas deviner ce qui l’attend. Ainsi, son rôle est essentiel, tant dans l’univers de l’oeuvre quand dans l’oeuvre en elle-même.

Je tiens à mentionner rapidement Dame Eboshi également. Elle a une forte personnalité et est sûre d’elle, comme le montre le fait qu’elle laisse Ashitaka vaquer à sa guise dans le village malgré ses motivations peu claires. Elle ne reconnaît également pas de vassalité vis-à-vis de la cour de l’empereur ou des daimyō ; et affiche une attitude tranchée, presque belliqueuse mais pragmatique, peu habituelle pour des femmes japonaises d’alors, allant jusqu’au sacrifice des siens ou d’elle-même pourvu que ses rêves ou ses compromis et surtout son îlot d’équité demeurent. J’aime beaucoup le pouvoir de Miyazaki de créer des personnages qui ne peuvent être considéré ni comme particulièrement bon, ni comme particulièrement mauvais. Comme dans la vraie vie, les humains sont marqués par de grandes nuances et surtout par une différence de points de vue flagrante.

La nature est magnifique et particulièrement vivante grâce à ses personnages d’animaux. En plus d’avoir droit aux nuances terribles sur les personnages comme nous venons de le voir, nous avons un camp tiers qui impressionne absolument tout le monde. Certains sont en accord avec la nature, d’autres s’attirent ses foudres et j’aime beaucoup le fait qu’au final, une alliance et une sorte de trêve transformant les personnages soit nécessaire. Finalement, c’est la nature elle-même qui sauve l’humanité en l’attaquant. Quel beau message !

En somme, il s’agit sans doute d’un très bon long-métrage même si ce n’est pas celui qui me parle le plus du studio. D’autant plus que je n’en ai profité convenablement, m’endormant après un peu plus d’une heure et ne le finissant qu’une semaine après. J’aime beaucoup l’idée d’une nature forte qui rend les querelles humaines bien vaines, ça me rappelle Game Of Thrones. C’est un film que je reverrai sans doute rapidement après mon marathon découverte.

Note : 4 sur 5.

Merci beaucoup de m’avoir lu. N’hésitez pas à me partager votre avis sur ce titre et sur cet article et à me partager tout ça, ça m’aidera beaucoup. On se revoit très vite. Merci à tous, c’était Komorebi !