Bonjour à tous et bienvenue sur le blog de Komorebi pour parler de la sixième étape de mon voyage découverte du studio Ghibli. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’aucun Ghibli n’a le même âge que moi, mon frère ou ma sœur. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de Ghibli en 1996, en 2000 ou en 2005 mais à chaque fois un an avant ET un an après. Aujourd’hui au programme c’est Porco Rosso, le fameux cochon roi du ciel des années 20. N’hésitez pas à me partager votre avis sur cette œuvre, j’en discuterai avec plaisir. Bref, qu’est-ce que c’est et qu’en ai-je pensé ? C’est parti !

Studio Ghibli


93 minutes
18 juillet 1992
Studio Ghibli
Hayao Miyazaki

Ce film conte une histoire du porc vaillant surnommé « le Porc rouge », qui se bat contre les pirates de ciel, pour son honneur, pour sa Madone d’adoration et pour ses biens. La scène se passe en les Mers Méditterranées à l’époque où l’hydravion gouverne les eaux de mer. 

Synopsis

Mon avis : Ah, bien mieux que le précédent à mes yeux. On ressent bien l’aventure. Les relations qu’entretient Porco sont un peu forcés pour lui mais tiennent très bien et fonctionnent vraiment. Il est aussi touchant avec les deux filles qui le côtoient. Je trouve ça intéressant qu’il ne souhaite que s’éloigner de la guerre alors qu’elle revient constamment vers lui. Les thèmes sont parlant et sont assez précis pour ne pas demander de s’y intéresser pendant des plombes.

Voilà une de mes découvertes préférées avec le Chateau dans le ciel. Une aventure que j’ai vécu plutôt fort et qui me plaît grandement. J’ai donc envie de revenir sur certains points m’ayant marqué pendant mon visionnage.

La guerre

Comme dans d’autres œuvres de Miyazaki, la guerre est montrée sous le jour de son absurdité, de sa vanité et des pertes qu’elle cause. Une scène onirique évoque les pilotes morts au combat, et le combat final qui oppose Porco à Curtis laisse les deux adversaires dans un état physique également déplorable. Je crois qu’il s’agissait d’ailleurs de deux de mes scènes préférées. Lorsque Miyazaki parle de ce sujet, il le fait toujours avec une légèreté bienvenue qui n’empêche pas de faire passer des messages très durs.

Un héros solitaire gardant contact avec le monde

Porco Rosso doit son apparence au sort qu’il se serait jeté après avoir perdu foi en la nature humaine. Bien que vivant sur une île déserte, Porco ne s’est pas coupé du monde extérieur, comme en témoignent la présence de journaux, d’une radio et d’un téléphone. Malgré quelques indices, on ne sait pas réellement s’il retrouve un visage humain à la fin du film.

Une œuvre aussi personnelle peut nous mener vers une version très différente de pourquoi nous suivons un cochon. Le cochon décrit dans le film, pourrait-être Miyazaki lui-même. Un homme d’âge mûr qui rêvait dans sa jeunesse de changer le monde, et qui petit à petit s’est transformé en cochon en se compromettant dans le système. Car si Porco est un marginal, ce n’est pas tant pour défendre un quelconque idéal que pour être indépendant et se complaire librement dans un petit confort personnel.

Distinguant certaines similitudes dans le comportement humain et celui des cochons, Miyazaki choisit donc symboliquement cet animal pour représenter son héros : « Pour les japonais, le cochon est un animal pour lequel on a de l’affection, mais qu’on ne respecte pas. Il a tous les défauts de l’être humain : il est égoïste, fait tout ce qu’il ne faut pas faire, jouit de sa liberté. Il nous ressemble beaucoup ! » Le cochon convient donc parfaitement au personnage : pilote solitaire et marginal, Marco ne veut pas faire la guerre et tuer mais se complaît dans l’illégalité et les grosses primes.

Ah que j’aime ces personnages parfaitement nuancés que sait écrire Miyazaki. Regardez les pirates qui en veulent en Porco et qui sont arrêtés facilement par la fille qui suit notre protagoniste. En voilà de belles nuances, pour pouvoir être à la hauteur de l’image qu’elle se faisait des pilotes et qu’elle recelait déjà chez Porco. Un ensemble terriblement efficace.

Des références internes et externes

Sur le moteur que Piccolo installe sur l’hydravion de Porco, j’ai remarqué qu’il était écrit « Ghibli ». C’est l’une des rares autoréférences au studio visibles dans le long-métrage. Ça m’a intrigué et j’ai donc mené quelques recherches. Et apparemment, Ghibli est le nom de l’avion Caproni Ca.309 : Miyazaki a choisi ce nom pour son studio, puisque son père, ancien pilote, a piloté cet avion.

Miyazaki utilise aussi le procédé de la mise en abyme. Et j’aime beaucoup les schémas narratifs de répétions, de parallèles, de mise en abyme donc me voilà servi. Durant son séjour à Milan, Porco en profite pour rendre visite à un de ses vieux camarades d’armes lors d’un film au cinéma, en attendant la fin des réparations de son hydravion. Le film projeté est un film d’animation dans lequel on peut voir un cochon pilote d’avion tenant le rôle du méchant. C’est donc assez drôle de s’imaginer que Porco puisse également être le méchant de son histoire puisque c’est évidemment ce que pensent ses adversaires.

Bref, voilà un Ghibli qui aura su attaquer directement dans mon Porcokoro. Je crois que malgré quelques longueurs souvent logiques une fois les thèmes bien définis et fonctionnels, tout m’a plu dans cette aventure tout ce qu’il y a de plus humain. Et de toutes facons, nous ne pouvons rien lui dire puisqu’il s’agit de la façon dont Porco a décidé de passer sa vie et qu’on ne peut pas contredire un tel honneur.

Note : 5 sur 5.

Merci beaucoup de m’avoir lu. N’hésitez pas à me partager votre avis sur ce titre et sur cet article et à me partager tout ça, ça m’aidera beaucoup. On se revoit très vite. Merci à tous, c’était Komorebi !